Novembre 2010.
Sixième année de travail en biodynamie au Domaine du Pech.
Début deconversion officielle vers l’agriculture biologique (contrôle Ecocert aujourd’hui désigné par le sigle FR-BIO-01) en 2005.
Demande de conversion vers Demeter en 2009.
La certification vous garantit les pratiques “ sans ” dans les vignes: sans pesticides, sans produits phytosanitaires de synthèse, sans engrais chimiques, sans désherbants.
C’est mieux pour nous, pour vous, pour la planète.
À quand un label pour les pratiques “ avec ” ? Avec soin, intérêt, réflexion, humilité, bonheur, crainte, conscience, amour. Ce serait mieux et bien meilleur !
La certification reste pour nous une étape obligée, elle apporte une lisibilité sur nos pratiques. Au plan législatif, il existe un cahier des charges européen pour la production en agriculture biologique. Cinq organismes sont agrées pour le contrôle annuel des productions. En ce qui concerne la vinification, rien pour l’instant. On trouve quelques cahiers des charges privés (FNIVAB, Demeter, Biodyvin, Nature et Progrès…), avec de petites divergences dans le contenu.
Les querelles de chapelle sont légion dans le joli petit monde de la bio. Jarnicoton, comment s’y retrouver ?
Voici quelques années que nous avons rendez-vous avec vous au travers de ces nouvelles :
« Alors, quoi de neuf cette année ? »
Pas vraiment de nouveauté au Pech, c’est la révolution lente, à tel point que ces nouvelles ont failli ne pas voir le jour.
L’année semble s’être écoulée sans grands changement et pourtant… Le travail dans les vignes et au chai continue et il se révèle petit à petit en bouteilles, il en faut du temps. Nos vins commencent à peine à parler, dans une langue universelle.
Ils vous racontent le soin exceptionnel que nous apportons à nos vignes et à la récolte de nos raisins, la fierté et les efforts que demande l’élaboration d’un vin noble et sain.
Bien sûr, il y a le nouveau millésime.
Nous retiendrons de 2010 le long et froid hiver, les grandes variations de températures d’un jour à l’autre à partir du printemps, les soirées automnales de début août, les grosses chaleurs à la fin du même mois.
Les vignes ont été magnifiques jusqu’à mi-juin. La pluie sur la fleur a un peu gâché la fête.
Nos objectifs de rendements sont très faibles : 20 à 25 Hl/Ha. On y a cru jusqu’à fin août. Mais le temps cyclothymique a eu raison de nous : arrêt decroissance végétative (c’est plutôt bon pour la qualité) puis jaunissement prématuré des feuilles mères (mieux qu’un effeuillage thermique ou mécanique !) et pour finir dessèchements importants de grappes sur certaines zones. Du jamais vu !
Alors, comme tous les ans, on a trié.
Pas de baie abîmée ou flétrie dans les cuves !
2010 aura été pour nous un millésime « pédagogique », la maturité phénolique des tanins nous a orienté vers l’élaboration de vins tout e nrondeurs : pas de monstres massifs mais plutôt des vins friands.
L’année s’y prêtait vraiment.
Avertissement aux buveurs citoyens et responsables de vins éthiques, équitables, solidaires, naturels, propres ou bios.
(atchoum!)
En Europe, la France est le premier consommateur de produits phytosanitaires, 15% de ces produits sont utilisés en viticulture (c'est-à-dire sur 3,3% des surfaces).
D’ici dix ans, grâce au Grenelle, ça ira mieux… T’as qu’à croire!
La production de vins biologiques ne représente qu’un peu plus de 4% de la production de vin en France. Plus les vins dits « natures» (et honnêtes), moins les bios arrivistes, cela ne fait qu’un faible pourcentage de bouteilles de vrais vins vivants, de belles rencontres.
Amis, le pouvoir est entre nos mains, nous sommes les artisans de nos vies. Refusons de boire des décoctions de produits oenologiques ou du jus de lézards ! mais pardon, on s’égare…
Pouf pouf …
L’écologie a le vent en poupe. Pas sûr que cela suffise à stopper les ardeurs de maîtrise du vivant. Notre patrimoine s’est fait kidnapper, les savoirs ancestraux se volatilisent et le paysan est de plus en plus dépendant des semenciers et marchands de produits. Au nom du rendement, de la rentabilité, et d’un certain modèle économique.
Amis, ne succombons pas aux vendeurs de bonne conscience qui agitent l’ange et le démon au-dessus de nos têtes pour nous rendre schizophrènes, entre envie, plaisir, rigueur et austérité !
Soutenir les productions locales de variétés autochtones, les paysans qui aiment leur terre quand nous partons à l’autre bout du monde expliquer notre travail, voilà toute l’ambiguïté de la démarche. Mais bon, nous aussi on aime le café et le chocolat.
Alors, que choisir ?
Eau plate ou eau pétillante ?
Nous aimons les petites bulles, la couleur et le vin.
On avait dit : « Cette année: pas d’envolées lyriques, pas d’étendard, pas de drapeau. ».
On va laisser nos vins militer pour nos idées, peut-être auront-ils plus de force que nos mots … à moins qu’ils ne ressemblent à un chapeau !