Année 2012


Mon dieu mon dieu, les portes ouvertes arrivent déjà!
Les vins sont encore en pleine fermentation, les écoulages à peine terminés… et vous êtes attendus dans une quinzaine de jours.

À année exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Le dernier coup de sécateur a été donné le 31 octobre avec la première gelée: ce sont les vendanges les plus tardives du domaine!
N’allez pas croire que c’est du fait de la quantité! Nous avons battu des records de rendements cette année, mais …nous ne voudrions pas vous étourdir de chiffres…

2012 est en quelques sortes une compilation des contraintes climatiques de ces dernières années : «année de foin année de rien» (2007), années à treize lunes (2007, 2008, 2009 mais pour cette
dernière les treize lunes n’ont pas eu d’influence…:-)), et pour parler plutôt à la partie gauche du cerveau, des printemps très pluvieux, du mildiou, de la pluie sur la fleur de la vigne, des sécheresses estivales induisant des blocages de maturité

Les vignes, sur les parcelles les plus précoces, ont démarré assez tôt cette année grâce au beau soleil de février et mars, puis la pluie et le froid d’avril les ont «figées» pendant près de trois semaines, à une période durant laquelle la vigne pousse généralement de façon spectaculaire: les feuilles ont alors pris une teinte rouge tout à fait inhabituelle correspondant à un durcissement des tissus pour se protéger.

Nous avons accompagné la vigne de notre mieux, refusant d’entrer dans les terres sur des sols trop mouillés pour ne pas les abîmer, refusant de traiter à tout va, d’augmenter les doses de cuivre (toxique pour le sol à long terme). La vigne a décroché en pleine croissance, vers le 20 juin, alors que nous étions presque au bout de nos peines : grappes atteintes sur les parcelles les plus avancées, bandeau de feuilles décorées façon pointillisme sur d’autres mais grappes intactes. Les échos provenant d’autres régions et de tous horizons (bio, biod, conventionnel) annonçaient sur certains secteurs des vendanges déjà faites qui à cause de la grêle, qui à cause du mildiou… et au Pech, on a pensé un temps sonner l’hallali, partir en vacances en septembre…

Pourtant les parcelles dédiées à notre Badin Blanc et au Pech Abusé ont tenu bon. Avec la sécheresse estivale, le mildiou a stoppé sa progression, mais plus un brin d’herbe verte et une vigne stressée, malgré nos racines qui plongent: trop chaud, trop sec, trop contrasté. Les raisins n’ont donc pas beaucoup grossi et les feuilles ont eu du mal à assurer la photosynthèse jusqu’au bout (jaunissement puis chute prématurée du fait de la sécheresse sur certaines zones). La maturité a été longue à venir malgré le peu de charge sur pied: les tanins des peaux des raisins sont restés durs longtemps, le profil aromatique a eu du mal à se dessiner. On a fait mariner notre petite équipe de vendangeurs (20 tout de même, plus les 5 permanents du domaine) jusqu’au 7 octobre, date à laquelle la dégustation et l’observation des baies de raisin, seuls critères décisifs au Pech, semblaient conformes à nos attentes. Nous avons pensé ne faire que du Jarnicoton en 2012: vendanger vite pour réduire les coûts. Mais trier moins, ça veut dire mettre de moins beaux raisins dans la cuve, ça veut dire aussi sulfiter pour éviter les déviations, avoir des jus moins nets. On n’y arrive pas. Alors nous avons maintenu nos exigences de tri à la vigne (ciselage de toutes les grappes sans libération de jus) et le respect de l’intégrité du raisin nous a permis de vinifier sans produit oenologique dans nos cuves en bois, sans pompe, ne pratiquant que des extractions douces par foulage aux pieds (que du bonheur!). Les jus obtenus semblent n’attendre qu’ un élevage en foudres pour se bonifier, c’est donc bien du Pech Abusé que nous ferons cette année. Nos choix sans compromis, notre intégrité (intégrisme disent les persifleurs :-) ) ont été récompensés !

2012 va rester pour nous l’année des grands questionnements (de là viendra la connaissance, paraît-il), année riche en apprentissages et en expériences. L’adaptation au millésime nous a amené à faire des essais sur les blancs (à ce jour, trois cuvées en construction), une mini cuvée en rouge (juste pour rigoler), et nous a rendu « addicts » à nos cuves de vinification en bois.

Bon, on n’a pas tout compris, on a eu des moments de découragement, on a pensé restructurer une bonne partie du domaine, conscients que dans le mode de production que nous avons choisi, il faut adapter ses cultures et diversifier un peu ses productions pour éviter la disette liée aux années capricieuses. L’effervescence des vendanges est alors arrivée, annonce de la fin d’un cycle et origine d’un foisonnement d’idées et de projets (à cause des bulles?), venant ancrer nos envies: renouer avec les gestes ancestraux, renforcer la vitalité de nos sols, de nos vignes et de nos vins, cultiver le lien qui nous unit en privilégiant la main de l’homme, et, notre éternelle rengaine, comprendre et respecter le
vivant, donner du sens, chercher la cohérence, l’harmonie, la liberté. On aurait mille projets, tous un peu fous, mais on manque de temps, de bras, d’argent. On a commencé, planté des haies, créé des zones refuge, posé des nichoirs, accueilli des races locales de moutons pour pacager dans les
vignes en hiver… on aimerait l’agroforesterie, un jour peut-être la traction animale… Et non non non, ne vous méprenez pas, nous n’avons pas été happés dans un monde parallèle, ce monde est bel et bien réel, en reconstruction et il nécessite notre énergie à tous .

Nous avons le projet de créer une AMAP – Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne – sur Sainte-Colombe, alors si l’aventure d’une AMAP vous tente ici ou ailleurs, le week-end des portes
ouvertes est l’occasion de venir en discuter (fondamentaux, fonctionnement, modalités) avec les Cauberotte‘s men, qui cultivent des légumes anciens Au Rythme des Saisons, font leur farine avec des variétés de blés anciens, du pain, des pâtes, du fromage de chèvre en mode de culture biologique.

Voilà, on progresse, sur notre chemin caillouteux, les vins en cave sont superbes, ils commencent à parler et à être entendus (Revue du vin de France, Gault et Millau, bonnes tables…).

Nous serons donc ce week-end « the place to be », et promis on ne vous fera pas goûter les Rhum-Pomme de Juliette (1) !

Petit message de Salomé
« En 2012, nous nous sommes améliorés en Agriculture animalière Mouton, Lapin et Chat dont 4 à donner qui sont des Chatons trop mignons. Les moutons se reproduisent très vite nous nous rapprochons d’au moins 3 agnelages qui vont se maitriser par Belle de 2ans, Neige de 1an & Nuit 1 an. Nous avons également des agnelles mères: Rosie2 & Clochette (& Belle qui va agneler) et aussi 3 mâles: Sami le dominant, méchoui1 & ptit’Gugusse le premier fils de Belle.
Nous avons tenté de construire une cuvée spéciale : nous avons 1 bonbonne de taille moyenne, 2 mini bonbonnes & 2 bouteilles de trois litres ! C’était rigolo ! » . Enfin bref, la vie est belle ! Additifs …autorisés en bio :-)
- voir sur internet : Le «septième continent», une île de plastique grande comme 6 fois la France !
- slogan choc de BASF dans la pub pour son plastique Ecovio «Nous créons de la chimie pour que le compost aime le plastique», tant mieux s’il se dégrade plus vite, mais il serait bon de ne pas oublier: que l’urgence, c’est la réduction des déchets et de l’utilisation du plastique, que l’amidon de maïs n’est certainement pas seul à entrer dans la composition dudit matériau, quid des résidus dans le compost, que le maïs a un coût de production élevé pour l’environnement, que les ogm ne sont pas loin ( c’est monsanto pas basf, mais bon…), et que, et que …,tout est imbriqué, chaque choix de consommation, chaque comportement a des conséquences sur notre santé et celle de notre planète.
- se documenter aussi sur les forêts primaires et leurs ressources pour la recherche en pharmacie, sur la déforestation pour produire de l’huile de palme ou des biocarburants, sur la baisse de la biodiversité végétale et animale…il est temps de se réveiller ! Car « Nous n’héritons pas de la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants » A. de Saint Exupéry
- Jacques CAPLAT, agronome, auteur de «L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité », à écouter sur http://youtu.be/madBQTLOHKk
- voir le film de Coline Serreau « Solutions locales pour un désordre global »
- (1) écouter l’album « No parano » de la revigorante Juliette, notamment « Rhum-Pomme »

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